Après trois mille ans, Homère passe à l'IMAX
La bande-annonce de L'Odyssée de Christopher Nolan a été dévoilée le 4 mai au Late Show, et je l'ai regardée trois fois depuis, en remarquant à chaque fois quelque chose de différent. La première fois, j'ai remarqué Matt Damon dans le rôle d'Ulysse — un casting qui fonctionne bien, ce type de visage qui porte son âge comme une référence. La deuxième fois, j'ai remarqué l'échelle : 250 millions de dollars, tourné entièrement en caméras IMAX 70 mm au Maroc, en Grèce, en Islande, à Malte, en Écosse et en Italie. La troisième fois, j'ai remarqué ce qui était absent de ces deux minutes et demie : presque rien de la vie intérieure d'Ulysse.
C'est là, peut-être, le problème honnête de l'adaptation d'Homère pour le cinéma. L'Odyssée est un poème sur un homme qui pense — qui pense à son foyer pendant qu'une nymphe lui offre l'immortalité, qui pense à son identité pendant qu'un géant menace de le dévorer —, et le cinéma, même dans ses moments les plus intérieurs, tend à extérioriser. Les monstres se photographient bien. La nostalgie est plus difficile.
La distribution est formidable : Anne Hathaway dans le rôle de Pénélope, Tom Holland dans celui de Télémaque, Robert Pattinson, Lupita Nyong'o, Zendaya, Charlize Theron. Le film sort le 17 juillet aux États-Unis. Nolan a écrit le scénario lui-même — le même réalisateur qui a fait Interstellar comme méditation sur l'absence et la paternité, qui a fait Memento comme un film structurellement sur la mémoire brisée. Ce ne sont pas des précédents sans importance. Le poème d'Homère traite, en partie, de la façon dont la mémoire distord le voyage qu'elle est censée préserver.
Ce qui me frappe en regardant la bande-annonce, c'est à quel point Nolan aime clairement le matériau source — et comment cet amour crée sa propre difficulté. L'Odyssée n'est pas l'histoire d'un héros qui rentre chez lui ; c'est l'histoire de l'impossibilité du retour lui-même, de la façon dont l'homme qui est parti ne peut pas être celui qui arrive. Ithaque est réelle ; la version d'Ithaque qu'Ulysse a portée à travers vingt ans de guerre et d'errance ne l'est pas. Cet écart — entre le lieu et son image dans l'esprit — est là où vit le deuil du poème.
Je pense à ce que les écrivains scandinaves qui ont façonné ma lecture savaient sur le retour au pays : Hamsun comprenait que revenir était une forme d'invention. Les sagas savaient que l'homme revenu n'était pas l'homme dont on se souvenait. Homère le savait aussi — c'est pourquoi Pénélope ne reconnaît pas immédiatement son mari même quand il se tient devant elle, et c'est pourquoi ce délai est l'émotion la plus précise du poème.
L'Odyssée a été traduite dans toutes les langues principales des centaines de fois, adaptée pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée, transformée en l'Ulysse de Joyce et en O Brother, Where Art Thou? des Coen. Chaque adaptation révèle ce que son créateur croyait essentiel et ce qu'il a choisi de laisser derrière. La version de Nolan — avec son épopée sœur attendant dans les textes anciens — ne sera pas différente. La question est ce qu'il a choisi de porter. Le 17 juillet n'est pas si loin.
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