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Six cents raisons de se syndiquer : les salariés d'Hachette n'attendent plus

J
James Whitmore
· 3 min de lecture
Six cents raisons de se syndiquer : les salariés d'Hachette n'attendent plus
Un chiffre qui fait réfléchir : six cents. C'est le nombre d'employés de Hachette qui ont signé des cartes pour rejoindre le Washington-Baltimore NewsGuild-CWA Local 32035 — qui, s'il était reconnu, deviendrait le plus grand syndicat de l'édition commerciale aux États-Unis. Pas le plus grand d'un imprint particulier, ou d'une ville. Le plus grand syndicat de l'édition commerciale, tout simplement. La Hachette Workers Coalition a gardé une existence discrète jusqu'à présent. L'annonce tombe à un moment particulier pour le secteur : des bénéfices record dans plusieurs des cinq grands groupes éditoriaux, et parallèlement des licenciements et des restructurations qui ont affecté des milliers de postes éditoriaux au cours des deux dernières années. Ce qui rend cette campagne remarquable, c'est ce qu'elle révèle sur l'état réel du secteur en 2026. La question syndicale dans l'édition a longtemps été écartée comme une préoccupation de niche. Elle se trouve maintenant au centre de l'une des cinq plus grandes maisons d'édition du monde anglophone. L'édition a longtemps entretenu un mythe particulier sur elle-même : qu'elle est une vocation plutôt qu'une industrie, que les gens qui travaillent dans les livres doivent accepter de subventionner leur passion avec leurs salaires. Les six cents de Hachette sont, à leur manière, une réponse formelle à ce mythe. 2026 est silencieusement en train de devenir l'année où les travailleurs de l'édition ont trouvé leur voix collective. Le Catapult Book Group s'est syndiqué en début de mois. Le personnel de PEN America a organisé en 2022. Maintenant Hachette. La question n'est plus de savoir si les travailleurs de l'édition commerciale vont s'organiser, mais à quelle vitesse. Dickens, qui comprenait quelque chose au travail et à ses mécontentements, a écrit qu'une personne peut supporter la douleur mieux que l'absence de salaire. On imagine que la coalition se satisferait, pour l'instant, d'un salaire équitable.