Quatre premiers romans et un prix : la sélection du Women's Prize 2026
C'est toujours pareil quand la sélection du Women's Prize est annoncée : je cherche les six titres, je lis les résumés, et au moins l'un d'eux me donne cette urgence que seul un livre non encore lu peut produire. Cette année, deux m'ont fait cet effet.
Le Women's Prize for Fiction 2026 vient de révéler sa sélection de six romans — dont quatre premiers livres. Quatre premières œuvres parmi six finalistes, c'est une proportion qui dit quelque chose d'essentiel sur l'état de la fiction écrite par les femmes : elle est dans un moment d'ouverture, de voix qui arrivent de nulle part et s'installent d'emblée au cœur de la conversation littéraire.
La présidente du jury est Julia Gillard, ancienne Première ministre d'Australie, aux côtés de Mona Arshi, Salma El-Wardany, Cariad Lloyd et Annie Macmanus. La lauréate sera annoncée le 11 juin à Londres, avec un prix de £30 000 et la statuette emblématique dite Bessie.
Parmi les titres, Flashlight de Susan Choi s'ouvre sur un scénario saisissant : une fillette de dix ans qui se réveille seule sur une plage, sans son père. The Correspondent de Virginia Evans — lauréate du PEN/Hemingway Award — suit Sybil Van Antwerp, soixante-treize ans, qui a passé des décennies à écrire des lettres qu'elle n'envoie jamais. The Mercy Step de Marcia Hutchinson nous emmène dans le Bradford des années 1960. Dominion d'Addie E. Citchens situe son poids au Mississippi, dans une famille contrôlée par un patriarche.
Le jury a résumé ce qu'il a trouvé dans ces pages : ces romans les ont intrigués et profondément émus ; les personnages ont trouvé une place dans leurs cœurs. C'est ce que fait la grande fiction — non pas expliquer le monde, mais vous tenir compagnie à l'intérieur.
Quatre débuts parmi six finalistes. Il y a quelque chose de réconfortant dans l'idée que la littérature peut encore ouvrir ses portes à ceux qui arrivent pour la première fois, avec pour seul bagage une bonne histoire.