Le roman qui se contient lui-même : sur The Möbius Book de Catherine Lacey
Un ruban de Möbius n'a pas d'intérieur. Faites glisser votre doigt sur sa surface et vous reviendrez à votre point de départ sans avoir, techniquement, traversé aucun bord. Lorsque j'ai découvert le titre du nouveau roman de Catherine Lacey, The Möbius Book, je me suis trouvée à penser à cette forme — non pas comme métaphore, ce qui est la solution facile, mais comme un problème structurel. Un roman qui contient un autre roman n'est pas inhabituel. Un roman sans extérieur discernable pourrait être autre chose.
Lacey, dont Biography of X était l'un des romans formellement les plus audacieux de ces dernières années, revient avec une œuvre qui — selon les premières critiques — commence comme quelque chose ressemblant à un récit de vengeance avant de se replier sur elle-même pour révéler une novella intégrée d'un caractère tout à fait différent et plus étrange. Les mécanismes exacts restent, par conception, difficiles à paraphraser. C'est là tout le propos. Un ruban de Möbius résiste à être déroulé.
Ce qui m'intéresse dans l'œuvre de Lacey, plus que l'habileté structurelle, c'est sa relation à l'inconfort. Elle n'écrit pas des romans qui s'expliquent eux-mêmes. Nobody Is Ever Missing était narré par une femme qui abandonne sa vie sans raison claire ; Biography of X construisait une biographie fictive complète d'une artiste qui pourrait être un chiffre. Dans les deux cas, les choix formels de Lacey ne sont pas de la décoration : ils sont l'argument. La façon dont le livre est construit est ce que le livre est en train de dire.
En lisant The Möbius Book, je pense aux débats qui ont entouré Knausgård and the Autofictional Novel, cet examen de la façon dont la fiction contemporaine replie le moi sur lui-même. Lacey n'est pas une autofictionniste au sens strict, mais elle travaille avec une question similaire : quelle est l'intervention structurelle minimale nécessaire pour qu'un lecteur soit genuinement incertain du type d'histoire qu'il est en train de lire ?
La critique d'El Cultural décrit le livre comme un acte de vengeance contre un ex, avec une novelette de mystère repliée à l'intérieur. Si cette description est exacte ou si elle fait elle-même partie de l'architecture, je ne peux pas encore le dire. Ce que je peux dire, c'est que Catherine Lacey, dans aucun de ses livres précédents, n'a opté pour le geste évident. Que le roman s'appelle The Möbius Book et contienne apparemment une novella suggère qu'elle n'a pas commencé maintenant. La question qui demeure — comme avec tout ruban de Möbius — est de savoir où, exactement, vous vous trouvez quand vous atteignez la fin.
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